InfoLettre Printemps 2026
Lakȟól wičhóȟ'aŋ
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Lakota way of life
la Voie de la tradition
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la Voie Rouge
avec Sissy "Evelyn" Goodhouse & Cedric Goodhouse, Lakota Hunkpapa
Sissy Goodhouse est une Aînée
Lakota Hunkpapa et artiste renommée, de la réserve de Standing Rock dans la Dakota du Nord. Elle célèbre pour ses interprétations habitées de chants traditionnels et de berceuses amérindiennes. À travers des albums comme
The Third Circle, elle préserve l'héritage musical Lakota en mettant particulièrement
en lumière la voix et le rôle spirituel des femmes. Parallèlement à sa carrière, elle s'implique activement comme éducatrice et conseillère culturelle pour transmettre la langue et les coutumes aux jeunes générations. Reconnue internationalement, notamment par le Smithsonian Institution, elle agit comme une véritable gardienne de la mémoire et des valeurs de la famille Tiwahé,
titre de son second album. Son œuvre et ses engagements font d'elle une figure incontournable de la résilience et de la vitalité de la culture Native American.
« Chez les Lakota, le tambour revêt une importance culturelle et symbolique primordiale. Considéré comme une entité vivante, le tambour est perçu à la fois comme un gardien spirituel et un instrument de musique, une tradition vivante et une référence à un mode de vie passé. Pour Sissy, le tambour c'est le
heartbeat, le battement de cœur de la nation et de leur tradition orale
(Le tambour est symboliquement associé à la Terre Mère et à son battement de cœur). »
Sissy: « Nous devons chérir chaque instant, car personne ne sait de quoi demain est fait.
Mitakuyapi*, nos Aînés nous ont raconté l'histoire du tambour
čhaŋčhéga. Sans ce grand tambour, comment pourrions-nous ressentir cette pulsation de vie qui nous réunit tous,
Mitakuyapi*. Dans nos traditions orales, nous avons une histoire qui parle d'une femme qui s'appelle Wiyaka Sinte Win, Tail Feather Woman. Un jour, cette femme reçut une vision, alors qu'elle se cachait tout au bord de la rivière, pourchassée par des ennemis. Elle est restée ainsi dans l'eau pendant quatre jours, puis, c’est à ce moment-là, le long de la rive, qu'elle eut la vision du grand tambour, et comment le fabriquer.
(…)
Cette vision enseignait l'unité et la guérison, et la façon de les partager parmi toutes les différentes tribus. C’est ainsi,
mes parents*, que nous avons reçu le tambour, le battement de cœur de notre nation. »
*Mitakuyapi = " my relatives, ma parenté, les miens
Cedric Goodhouse Waŋblí Wahúkheza Eagle Lance est l'époux de Sissy, et un Aîné respecté, Porteur de Traditions, et membre du Conseil de préservation du Savoir des Anciens de Standing Rock, dont la mission est de garantir le caractère sacré des traditions lakota et de sauvegarder les sites culturels pour les générations futures. Cedric n'est pas seulement un gardien au grand cœur, c'est aussi un artiste culturel accompli. Malgré les efforts systématiques des autorités étatiques et fédérales pour déposséder les communautés autochtones de leurs terres et de leur culture, sa famille a préservé et transmis un savoir traditionnel que Cedric utilise aujourd'hui pour confectionner des parures, des instruments de musique, des vêtements, des armes et des objets cérémoniels, comme des cuillères en os de bison sculpté offertes aux jeunes filles lakota lors de leurs rites de passage. Et ce n'est pas tout ! Il compose également des chants pour des événements importants et des projets communautaires:
Cedric:
« Hunkpapa » signifie littéralement « Ceux qui campent à la corne », ce qui veut dire « Ceux qui campent à l’extrémité du cercle de camp ». Traditionnellement, les Lakota campaient en demi-cercle, ouvert à l'Est, et lorsque nous nous réunissions chaque année en tant que Oceti Šakówiŋ, Grande Nation Lakota, appelée aussi « Les Sept Feux du Conseil », les Hunkpapa installaient leur campement à l'extrémité de la corne, au bout du cercle, près de l'ouverture. C'est ainsi que les autres tribus Lakota nous ont appelés: les « campeurs à la corne », les Hunkpapa.
Ici, dans le Dakota du Nord, certains oiseaux survolent la région lors des orages ; nous les appelons les Oiseaux-tonnerre, les
Wakíŋyaŋ
en lakota. Selon nos croyances, quand tu entends le tonnerre, c’est que ces oiseaux apportent la pluie, et c’est de là que vient le motif sur mon tambour. L'Oiseau-tonnerre représente l'eau qui descend du ciel, et nous n'utilisons ce tambour que lors de cérémonies particulières, accompagnées de chants et de rituels de guérison. »
Le centre de tout ce qui est
« Si vous regardez les Black Hills depuis le ciel, vous voyez qu'elles ressemblent à la forme d'un cœur humain
Wamaka Cante Ognaka, le cœur de la Terre, entouré d'un anneau rouge. Cet anneau rouge a été marqué lors de la Grande Course
Kin Inyanka Ochanku, entre toutes les nations, humaines et animales. Le vainqueur de la course, serait celui qui resterait le dernier en lice, et recevrait un don très spécial du Créateur, le Grand Mystère
Wakȟáŋ Tȟáŋka. C'est pourquoi toutes les nations ont couru sans relâche pendant de nombreux jours, et c'est ainsi que ce cercle rouge a été créé : par le sang des hommes et des animaux qui ont parcouru la piste.
Maintenant, si vous vous tenez au milieu des Black Hills, à Bald Mountain,
Pteslá Pahá, et que vous regardez droit en haut vers le ciel, vous verrez l'Étoile du Matin
Anpó Wičháȟpi – Venus - à l'Est et une constellation appelée
Chankhahu, l'Épine dorsale du Bison
Tayamni, qui s'étend jusqu'à l'Étoile du Soir à l'Ouest. La Voie lactée, que nous appelons
Wanáǧi Tȟačháŋku, le Chemin des Esprits, s'étend du Nord au Sud. En observant l'ensemble, vous apercevrez le cercle rouge autour des Black Hills et les étoiles qui le divisent en quatre quadrants. C'est la Roue de Médecine originelle.
Ĉhaŋgléška Wakan: « le Cercle sacré de la vie ».
Dans chacun de ces quadrants, se déroulent nos sept cérémonies sacrées. Par exemple, Bear Butte
Matȟó Pahá se situe dans le quadrant où nous pratiquons le jeûne et les quêtes de vision
Hanbleceya. Dans un autre quadrant, nous saluons le tonnerre et célébrons cette cérémonie
Yate iwakicipi, pour accueillir le retour des Êtres Tonnerre. Dans la troisième section, nous organisons des commémorations et des hommages communautaires, tels que la cérémonie d’apparentage que nous appelons
Huŋkápi la création de liens de parenté, et la cérémonie du Passage à l'âge de Jeune Fille
Išnáti Awíčalowaŋpi. Plus à l'Ouest se trouve
The Grey Buffalo Horn Ptehé Ǧí, la Corne grise du Bison, elle est aussi appelée
Mathó Thípila la Loge de l’Ours, mais aujourd’hui, elle est connue sous le nom de Devil’s Tower, c’est là où la Femme Bison Blanc
Ptesáŋwiŋ nous a remis la Pipe sacrée
Čhaŋnúŋpa Wakȟáŋ et où nous avons célébré notre toute première Danse du Soleil
Wi-wáŋyaŋg Wačhípi,
qui signifie Danser en regardant le Soleil.
Enfin, Wind Cave
Maka Oniye, la Grotte qui respire, est le lieu de notre émergence de la Terre,
Pté Otí Kinápapi, l'émergence hors de la demeure des bisons, et c'est là que ma grand-mère a accompli sa quête de vision en tant que guérisseuse spécialisée dans le traitement des AVC.
A l'époque d'avant les réserves, chaque famille lakota organisait une cérémonie pour les défunts
Wanáǧi Wičhayúhapi, la Garde de l’Âme, et nous les enterrions de différentes manières. En général, nous les placions sur des plateformes funéraires, et il y a une très bonne raison à cela : lors de la Grande Course autour des Black Hills entre les humains et les animaux, le corbeau nous a aidés, nous autres bipèdes, à remporter la victoire, et nous lui en sommes reconnaissants. Lorsque nos proches décèdent, nous les plaçons sur des échafaudages en guise d'offrande. Avec le temps, ils retournent à la terre.
Un jour, un type me lance : « On ne trouve aucune de vos sépultures ! Je croyais qu’il y avait 10 millions de personnes ici autrefois. » Je lui ai alors répondu : « Eh bien, nous ne conservons pas nos morts comme vous, alors vous ne trouverez pas 10 millions de tombes. Il faut que vous compreniez ça ; il y a une raison à cela. » Ils sont tous retournés à la terre ! C’est pour toutes ces raisons que les Black Hills sont si sacrées à nos yeux.
Dans notre famille, nous sommes fiers de notre lignée de guerriers. Mes deux parents ont servi pendant la Seconde Guerre mondiale et mon père a aussi servi pendant la guerre de Corée. Mes arrière-grands-parents maternels ont participé à la bataille de Greasy Grass, Little Big Horn, et plusieurs membres de la famille ont été tués lors du massacre de Wounded Knee.
À la fin du XIXe siècle, le gouvernement américain s'est approprié les Black Hills et a permis qu'on les dépouille de leurs ressources naturelles, comme l’or, le bois, les bisons. Il y a une part importante de l'histoire américaine qu'il faut accepter pour aller de l'avant, mais les gens ont honte de ce qui s'est passé. Ils ne veulent pas en parler publiquement ; ils ne sont pas prêts à franchir ce pas. Il y avait plus de dix millions de Natives ici, et aujourd'hui, nous ne sommes plus que deux millions. Le gouvernement américain nous a offert des millions pour les Black Hills, mais nous avons refusé cet argent car cela reviendrait littéralement à acheter et vendre une terre sacrée. C'est pourquoi nous disons que nous n'avons jamais vendu les Black Hills, et si nous devons les racheter, nous les rachèterons. Nous n'avons aucune intention d'expulser qui que ce soit. Nous voulons simplement aider les gens à comprendre notre conception fondamentale de la vie
Mitákuye oyás'iŋ
« nous sommes tous apparentés », qui exprime l'interdépendance totale entre les humains, les animaux, les plantes, la terre, les pierres et les esprits, considérant toute la création comme une seule famille partageant un espace sacré. Nous, les Lakota, prononçons ces mots
Mitákuye oyás'iŋ
au début de nos conversations et à la fin de nos prières. C'est notre mot à nous pour dire « amen ». Nous l'appelons
wólakȟota
entre nous, qui détermine un état de paix, d'harmonie et d'équilibre. Nous resterons en paix avec nos proches, car c'est ce que le Créateur nous a demandé de faire.
Ce que je fais aujourd'hui, je le fais pour mes petits-enfants et tous ceux qu'ils influenceront. Je les influence de manière à ce qu'ils puissent, à leur tour, influencer leurs pairs (et leurs propres enfants et petits-enfants). J'enseigne à mes petits-enfants, mais aussi aux sept générations à venir. Mon enseignement doit donc être transmissible à mes petits-enfants afin qu'ils puissent apprendre, le transmettre à leurs enfants, qui l'enseigneront à leur tour, et ainsi de suite sur sept générations, comme j'ai été enseigné par les sept générations qui m'ont précédé. Notre influence doit être aussi forte. »
Aujourd'hui, Cédric et sa femme Sissy continuent de parler, de chanter et d'enseigner le
lakȟótiyapi
la langue lakota
à leurs petits-enfants et à leur communauté locale.
Source additionnelles : Smithsonian Folkways/AgeofEmpires/Laura Lynne, Ft Yates ND.
albums Sissy Goodhouse:
The Third Circle, 1994, Makoché;
Tiwahé (ti-wah-heh), 1997, Makoché/Spalax
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lakota
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