InfoLettre Mars 2026
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Écouter le Tambour
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Le cercle de Guérison, pour vivre en harmonie avec l'Univers
par Robert Blackwolf Jones
(1935 - 🕆2003), Ojibwé de la bande de Lac Courte Oreilles,
Wisconsin
Blackwolf était un psychothérapeute, auteur et enseignant ojibwé respecté, connu pour intégrer la sagesse traditionnelle des Autochtones dans les approches de guérison contemporaine
« Je suis né en 1935, et j’ai grandis dans la réserve de Lac Court Oreilles, au nord-ouest du Wisconsin, une réserve ojibwé-chippewa juste à côté de la ville de Hayward. Alors que je venais de naître, un homme médecine avait entendu parler de la naissance d'un enfant et, sur son cheval blanc, il traversa les bois pour me rendre hommage. En chemin, il aperçut un loup noir. Personne ne l'avait jamais vu auparavant et personne ne l’a revu après. Alors, lorsque le Saint homme arriva chez nous, dans les bois, il me donna mon nom indien « muka-day-way-maen'-gun », qui signifie « Loup Noir » dans la langue ojibwé.
Il a été mon premier enseignant, mais j'ai eu de très nombreux enseignants durant mes longues années de formation. J’en parle dans les livres que j’ai co-écrits avec mon épouse Gina Jones. Ce sont des pratiques millénaires que ces aînés, ces personnes des loges de médecine, m'ont enseignées durant ma formation. Lorsque j’ai écrit ces livres, je n’ai fait que transmettre ces savoirs vieux de 70 000 ans qui m'ont été transmis. Je tiens à le préciser : je ne suis qu'un éclaireur, celui qui permet de les faire émerger.
J'ai grandi dans la réserve, puis je me suis engagé dans l'armée à 18 ans et j'en suis sorti deux ans plus tard. J'ai fait quelques années d'études de droit à l'université, puis j'ai abandonné et je suis tombé dans l'alcoolisme pendant 20 ans. Les problèmes d'alcool sont très courants chez les miens, vous savez… environ 90 % d'entre eux y sont confrontés à un moment ou un autre de leur vie. Bref, j'ai travaillé pour une entreprise un peu partout aux États-Unis et au Canada, puis en mars 1977, j'ai arrêté de boire. Je suis retourné dans ma réserve et aux traditions de la loge de médecine, et je me suis dit : « Qu'est-ce que je vais faire de ma vie maintenant ? »
Je suis retourné à l'université. Au lieu de reprendre des études de droit, je me suis orienté vers la psychologie et j'ai obtenu une licence en psychologie, un master en conseil et orientation psychologiques, puis j'ai effectué deux années de formation post-universitaire en toxicomanie. J’ai ensuite travaillé comme psychothérapeute auprès des Autochtones et non-autochtones. J’ai aussi enseigné l’éthnohistoire des Indiens du Wisconsin, plus particulièrement des cultures, traditions et coutumes des Ojibwé-Chippewa, à l'Université de Green Bay.
Nous autres Autochtones, entretenons un lien très fort avec la nature et le monde spirituel, et nous nous tournons vers ce monde pour recevoir des enseignements et des guidances depuis des millénaires. Beaucoup considèrent cela comme des pratiques ésotériques et farfelues, mais leurs ancêtres faisaient de même il y a plusieurs milliers d'années. Nous entretenons une relation harmonieuse et équilibrée avec la nature, et grâce à cela, tu ne crées pas de pollution… l'eau et l'air sont purs. « … » Aujourd’hui, tu ne peux plus boire ou nager dans l’eau, et la situation empire toujours plus. Bientôt, les gens boiront l'eau des eaux usées !
Pour nous, peuples autochtones, être « en bonne santé », c'est savoir se guérir.
Mais que signifie « guérir » ? Chez nous, la guérison est synonyme d'équilibre. L'équilibre est synonyme de santé ; le déséquilibre engendre la maladie et les symptômes. Alors, qu'est-ce que l' « équilibre » ? Pour nous, c'est un équilibre spirituel. Selon notre conception de la vie, nous sommes un esprit incarné, et non un corps incarné. Cela change tout. Notre croyance repose sur l'idée que nous sommes de vieux esprits issus du monde spirituel. Nous avons toujours vécu dans ce monde spirituel ; puis nous venons de ce côté-ci et prenons possession d'un corps ; avant de retourner dans le monde spirituel.
Être en équilibre, c'est être à 50 % dans notre monde intérieur, ce qui se passe en nous, et à 50 % tourné vers l'extérieur : les personnes, les lieux et les choses qui nous entourent. Spirituellement, c'est la partie la plus profonde de nous-mêmes ; mentalement, ce qui se passe dans notre esprit ; émotionnellement, ce qui se passe dans nos émotions : colère, tristesse, joie, peur, honte, blessure, frustration, et ainsi de suite ; et physiquement, dans tout notre corps. C'est cet état d'équilibre spirituel, mental, émotionnel et physique, entre travail et loisirs. Être à 90 % dans le présent, à 5 % dans le passé et à 5 % dans le futur. J'amène les gens à cet équilibre, et une fois qu'ils l'ont atteint, je les invite à suivre leur respiration vers leur ain-da-ing, leur maison au fond de leur cœur, où ils trouvent ce mash-ka-wisen , cette force intérieure, et cette connexion avec leur Créateur, et cette force de vie de la Création…
Selon notre vision du monde, les Créateurs sont en réalité des Vibrations. C'est véritablement ce que le Créateur est: Vibrations, Lumière et Vibrations. Alors, quand je dis d'écouter le tambour, je ne parle pas seulement du « boum-boum » du tambour des pow-wows. Il existe différents tambours : le tambour de danse, le tambour de pow-wow, le grand tambour, le tambour d'eau, et les tambours de guérison utilisés lors de nos cérémonies. Mais je ne veux pas dire qu'il faut juste se contenter d'écouter le « boum boum boum », je veux dire écouter « le silence » entre les battements. Par exemple, si vous avez déjà assisté à un pow-wow, vous avez peut-être entendu ces tambours de danse, oui, on les fait résonner, mais c'est ainsi que nous communiquons avec… le Grand Esprit, et les autres esprits de ce monde physique, grâce à cette Vibration.
Mais c'est dans « le silence » entre les battements que le Créateur et les esprits nous répondent.
En réalité, c'est cela la méditation : les vibrations et le silence, c’est la communication. C'est pourquoi certaines personnes méditent pendant des heures. »
« Un exemple, la quête de vision, on en fait depuis des millénaires. C'est quatre jours au minimum, sans manger, sans boire, en silence et sans dormir. Dans notre Roue de médecine, en pleine nature, on observe au minimum quatre jours de silence et de méditation. Cela remonte à au moins 70 000 ans, sur notre wiigwaasabak, nos rouleaux d'écorce de bouleau sacrés, l’histoire de notre peuple. Les gens ne savent pas grand-chose de nous, et voyez-vous, on préférait même que ça reste ainsi… ce n'est pas une chose à sens unique. On a vraiment gardé le silence sur beaucoup de choses pendant très longtemps, parce que nous le voulions. Nous avions l'impression que tout ce qu'on donnait était pris, déformé et détourné, et que nous n’allions désormais plus rien donner. Mais on nous a clairement dit qu'à la naissance du Bison blanc, ce serait le moment de réparer les cercles sacrés, les quatre races. Il fallait qu'on sorte à ce moment-là et qu'on commence à enseigner les voies de guérison… mais pas avant la naissance du Veau Bison blanc en août 1994, un temps qui nous avait été annoncé par une prophétie pour aller enseigner et partager certaines de ces choses. Mais il y a une limite à ne pas franchir !
Certaines personnes de mon peuple invitaient des non-autochtones à des huttes de sudation et à diverses cérémonies, pour ensuite les voir repartir chez eux. A seulement une heure et demie de chez moi, ils organisaient des huttes de sudation sans même savoir ce qu'ils faisaient vraiment. Ces gens participaient à une ou deux huttes, et ensuite ils en construisaient une, sans le faire correctement. Ce n'est pas juste prendre des branches et les planter dans le sol. Il y a tout un protocole sacré à respecter et à suivre selon nos coutumes… et de mener strictement des cérémonies, de comprendre leur signification. Maintenant, ils font appel à des non-autochtones de Milwaukee pour cela, et ils demandent des sommes astronomiques pour ces week-ends.
Les personnes médecine traditionnelles ne font pas payer leurs services. C'est absurde. Vous ne faites pas payer ! Ce serait comme si un groupe d'Indiens allait dans une église catholique, assistait à une ou deux messes, puis se rendait dans un jardin, construisait un autel, courait à la boulangerie acheter du pain, puis au magasin prendre une bouteille de vin, et se mettait à dire des messes, à pardonner les péchés et à faire payer tout ça. Certains seraient furieux. Il n'y a aucun sens à transmettre nos rites ancestraux et initier des personnes qui ne sont pas prêtes à l’être, et qui ne sont pas équilibrées… elles seraient incapables de les pratiquer de manière respectueuse, curative et appropriée. C’est pourquoi mon peuple dit, et l’a toujours dit, qu’il faut d’abord les soigner. C’est comme donner une mitrailleuse à un enfant ; il ne saurait pas s’en servir. Cela ne sert à rien d'aller plus loin que là où nous en sommes pour le moment, sans d’abord soigner les gens, puis les enseigner.
J’animais des séminaires qui aidaient les gens sur cinq points essentiels. Je vais aborder un aspect un peu plus clinique, mais vous savez, c'est mon autre facette. Je n'utilise pas seulement nos traditions tribales vieilles de 70 000 ans, j'y intègre aussi beaucoup d'éléments contemporains, que certains qualifieraient de traditionnels – alors qu'ils n'ont qu'une centaine d'années. La notion de « tradition » date de 1908. Mais il y a cinq choses auxquelles vous devez parvenir, sinon vous risquez de développer une pathologie psychologique:
Premièrement, vous concluez que vous êtes une bonne personne; deuxièmement, que vous êtes à la hauteur; troisièmement, que vous êtes aimable et aimé ; quatrièmement, que vous avez le sentiment d'appartenir à un groupe ; et cinquièmement, que vous êtes connecté à l'Univers.
Ce que j'essaie de faire lorsque je parcours le pays et que j'anime des ateliers jusqu'au Canada, c'est de faire comprendre aux participants que ce sont de bonnes personnes, et de leur expliquer qu’est ce qui le prouve, et valide le fait qu’ils soient bons. Et qu'ils sont assez bien comme ils sont, et que leur valeur réside dans leur existence même, et non, fondamentalement, dans ce qu'ils font ou ne font pas. La seule chose qu'ils feront vraiment parfaitement dans leur vie, c'est mourir, et ils ne gâcheront pas ça.
J'aborde brièvement les deux premiers points, car je me dis qu'ils peuvent les comprendre à peu près partout, du moins je l'espère. Ensuite, j'évoque le fait d'être digne d’être aimé et être aimé tout court, et à quel point ils sont uniques dans l'univers ; qu'il n'y en a qu'un.e seul.e comme eux, qu'il n'y en a jamais eu d'autre et qu'il n'y en aura jamais d'autre, et à quel point ils sont importants. Passons maintenant au quatrième point : le sentiment d’appartenance. Nombre d'individus se heurtent aux normes d'une société dominante. C’est l’un des avantages de l’appartenance tribale. On appartient non seulement à sa tribu, mais aussi à sa bande. Je ne suis pas seulement Anishinaabe-Ojibwé Chippewa, j’appartiens à ma bande du Lac Court Oreilles, ce qui me donne ce sentiment d’appartenance.
Et je parle ensuite du point le plus important, celui dont au moins 90 % des personnes présentes souffrent : elles n'ont pas le sentiment d'être connectées à l'Univers…
Alors je les connecte à l'Univers. Je les connecte en leur faisant comprendre que nous sommes tous liés par le souffle ; que l'air que vous respirez en ce moment même, où était-il il y a deux mois ? Dans un pingouin au pôle Sud ? Dans un zèbre en Afrique ? Dans un panda en Chine ou un ours polaire au pôle Nord ? Dans un élan, un faucon, un saumon ou un marsouin ? Où était-il ? Nous sommes tous connectés par le souffle, nous ne faisons qu'un, et ce souffle vient du Créateur. Ce souffle nous ramène à notre ain-da-ing, à notre maison au fond de notre cœur. Je les aide à comprendre que nous sommes tous connectés dans cette immense toile d'araignée par le souffle.
Que nous ne faisons qu'un et que nous sommes tous liés. Que nous sommes tous apparentés, avec les êtres ailés, à nageoires, aux quadrupèdes, bipèdes, aux rampants, à coquille, et que nous faisons tous partie les uns des autres, cela fait tellement de bien aux gens.
Je leur apprends à se soigner avec les pierres, les « grands-pères », et je leur montre comment se reconnecter à eux-mêmes. Comme le disait le chef Seattle, nous faisons tous partie de la toile de la vie, et ce que nous faisons à cette toile, nous le faisons à nous-mêmes. Je tente d’élever leur conscience à un niveau dont leur culture ne leur a guère parlé, ni même fait prendre conscience. Notre relation avec les arbres, comment nous avons une obligation envers les arbres et comment les arbres ont une obligation envers nous ; et les esprits de l'eau, comment nous avons une obligation envers eux et comment ils en ont une envers nous ; et les esprits du feu, et ainsi de suite pour tout le reste. Comment nous faisons tous partie de ce Tout. Nous sommes tous liés à Cet Ensemble. »
« Marcher sur la Voie Rouge, c'est choisir chaque jour de vivre dans la vérité, l'humilité et le respect. C'est comprendre que chaque pas que nous faisons sur la Terre est une prière. »
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