HOZHO entre dans l’Ouest de sa Roue…
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… pour reprendre la route de nos vies respectives, dans l’âge de sagesse
(dit-on 😊) et de la transmission; ou, c’est selon, de la transmutation, si les vents en décident ainsi...
Après ces dernières années de tergiversations, durant lesquelles l’appel du voyage sans urgence de retour, ou encore le chant des peuples et des vents faisant échos à nos cœurs, nous nous sommes finalement décidées en 2025 à lancer un appel dans un cercle restreint, pour trouver des nouveaux gardiens pour perdurer l’esprit, et pour transmettre la vision d’hozho et du sacré, des gardiens des traditions.
Mais… chaque chose en son temps, dans le rythme qui nous est soufflé, dans l’ordre divin dicté par ces petites voix, qui résonnent sans cesse dans nos esprits… patience, chaque chose doit se mettre en place pour créer du renouveau. S’élever encore plus haut, sortir de nos cadres, de la forme, toucher les cœurs qui se trouvent dans d’autres cercles…
Puisque la Spirale de vie, sans commencement ni fin, se génère par elle-même, de cercles successifs qui se soutiennent les uns les autres, alors...
Osons lâcher, et s’en remettre à la Mère, Spirale de la Création, qui se recrée par elle-même. La Magie, c’est le Nous, générée de multiples forces individuelles, d’étincelles infinies et constantes, qui finissent par former un Soleil éclatant, source de lumière, de vie, de joie. La Danse du Soleil nous le rappelle chaque jour, comme que chaque année, à chacune de ses célébrations dans le don de soi, dans la gratitude, les offrandes, la prière, la guérison, lorsque le cercle du Bas fusionne avec le Cercle du Haut, nous ne faisons plus qu’Un.
Ainsi, tel le Feu mordant du Soleil générant la transformation, la purification, la renaissance, lorsque nous sommes entrées dans l’énergie de L’Est, au printemps dernier, accueillant les premiers rayons chauds du Soleil de la nouvelle année, sa chaleur nous a rappelé sa médecine, sa force, à ses différents degrés d’intensité. Le Soleil seul n’est pas un créateur, ni un destructeur, IL EST, et crée et fusionne avec ses pairs, les éléments. L’équilibre, la Vie est au cœur du cercle des éléments.
C’est dans cette lumière jaillissante et la chaleur de ses rayons sur nos corps, que l’évidence s’est imposée en toute clarté dans notre cœur.
C’est maintenant d’initier le changement. 2026, le cercle d’HOZHO est formé, complet et sans fin, et il peut prendre de la hauteur en spirale. Chacune de ses vibrations trouvera sa nouvelle voie, sa nouvelle mission, sa meilleure version d’elle-même, en fusionnant dans la Spirale pour se recréer un nouveau cercle.
Cet été, durant notre pause estivale, offrant au Sud, la maturation et la mise en œuvre de cette transformation/transmutation, la rentrée est maintenant préparée. Nous suivons ainsi notre vision en toute sérénité…
Notre entrée dans l'Ouest, en pratique...
Dès le 18 août, à la réouverture de la boutique, nous ne recevrons plus aucun arrivage. Premier arrivé, premier servi, pour les derniers tambours, hochets, sacs à tambour, guimbardes et pièces uniques d’art et artisanat...
Nous commencerons en douceur, et progressivement durant l’automne à proposer des actions et offres de liquidation sur l’ensemble de l’assortiment. Nous projetons une fermeture de la boutique, courant à fin de l’automne, selon l’avancement et l’état du stock. Les clients possédant encore des bons cadeau sont priés de venir au plus tôt, afin de pouvoir encore bénéficier d'un choix d'articles.
Une dernière InfoLettre sera encore adressée courant de l'automne pour les dernières offres de liquidation, et vous informer de la date définitive de fermeture de la boutique à Lausanne et du site internet.
Qu’en disent nos fidèles artisans ?
C’est le cœur gros que nous avons annoncé au printemps dernier, les dernières nouvelles à nos proches artisans, pour la plupart aujourd’hui des Ainés, nos amis, nos familles de cœur… Tous sans exception le savaient déjà… Nul besoin de technologie, ni de mot dans la voie du cercle…
« Nous sommes les dernières générations à travailler dans le lien de confiance, et de fraternité, des échanges amicaux, des trading’s d’antan, dans le cercle, d’humain à humain, dans l’énergie de cette force qui circule de main en main, et qui porte en elle son histoire. Et la réciprocité où chacun se soutient l’un l’autre, et s’unit dans l’éternité du Cercle.
Les générations d’aujourd’hui affirment fièrement leur sentiment d’appartenance, leur affiliation tribale, leur origine, ils sont les nouveaux
tokala
nos jeunes et braves guerriers, ils savent se battre avec les « armes » de leur temps. Leur cœur résonne dans les deux cultures, ils sont ce pont entre chaque monde. Et comme toutes les précédentes générations, et leurs Ancêtres, s’adapter aux changements, a toujours été une force puissante de survie et de résilience, de défis et de fierté.
Ce qui a été appelé « art et artisanat traditionnel » par les colons et leurs descendants, n’était rien d’autre que notre mode de vie, nos traditions, nos visions, nos emblèmes, nos outils, nos attributs, nos ressources.
Nos artistes d’aujourd’hui n’ont bien sûr jamais connu ces temps de vie où nous suivions les vents sur nos vastes terres. Quelques-uns ont appris des Ainés et souhaitent perdurer l’art traditionnel, issu des visions, du perlage, du piquants de porc-épic, du tannage, de la pipe ou du tambour. D’autres s’inspirent des traditions, en les incorporant dans leurs créations artistiques d’œuvres contemporaines.
Bien sûr, nous remarquons aussi que l’artisanat traditionnel, de production comme de collection, n’intéresse plus autant les gens aujourd’hui. Ils ne rêvent plus de contrées « sauvages », du Grand Ouest au-delà de la « Frontier », du sentiment de liberté que ces terres et leurs tribus inspiraient, l’indépendance, le courage, le renouveau, là où tout est encore possible, idéalisant le mysticisme de ces fiers « peaux rouges » des westerns chassant fièrement leurs frères bisons sur leurs chevaux furtifs, ou guerroyant sans peur contre les soldats. Reste peut-être encore quelques
followers
New Age, et encore… Quelle nostalgie reste-t'il pour les gens d’aujourd’hui ? Ont-ils seulement encore le temps de rêver ? De s’intéresser au passé ? Leurs « rêves » sont stockés dans des centres de données, à portée de main, et prêts 24/24h à illusionner leur esprit.
La bonne nouvelle, c’est que rien ne sera jamais perdu pour nous, peuples natifs. Nous avons préservé nos traditions, en les adaptant bien sûr, au fil du temps, et toujours au contexte de nos vies. Mais nous avons préservé l’essentiel, et le plus secret, malgré toutes les interdictions strictes et nouveaux modes de vie qui nous ont été imposés à la création des réserves. De la même manière, des sociétés de rêveurs, d’amicales, de fraternité, de médecine, de confections féminines ont persisté dans la transmission du rêve et des lignées. Nos cérémonies nécessiteront, et feront toujours vivre ce que nos Ancêtres, les Grands-Pères nous ont fait don en vision, pour recréer sans fin l’Univers, l’émergence de notre peuple, et honorer la vie dans toute sa puissance.
Ainsi, ce qui est Sacré, retourne au Sacré à jamais. Le Sacré peut être détourné, caché, oublié, annihilé, mais il n’est jamais séparé de la source, ni de celui ou celle qui le veille et le préserve en son cœur. Soyez honorés, si vous avez été choisis pour préserver et reconnaître ce lien, et en faire partie,
Mitakuyepi
*.
Laissons maintenons nos jeunes à l’air du temps, ils sont forts, descendants de guerriers
strong heart, au cœur fort, ils savent et sauront toujours évoluer dans ce monde connecté artificiellement, en gardant toujours leurs mocassins sur notre mère la terre, et leur esprit comme celui de l’aigle, au plus près de Wakan Tanka, le Grand Mystère, car ils savent voyager sur la Roue, et au Cœur du Cercle de Tout ce qui Est.
Nul besoin aujourd’hui d’interprète, d’agent, ni de porte-parole parlant en notre nom, nul besoin aujourd’hui de
traders, pour revendre de l’art tribal, nos jeunes ont tous les outils en main pour être autonomes, indépendants, autodidactes, comme tous les jeunes de ce temps. La technologie permet aussi à notre peuple de communiquer et de se rassembler plus largement, de défendre nos revendications, nos injustices, nos combats, de porter nos voix et soulever des forces vives, comme elle permet à tout un chacun de s’ouvrir sur le monde et partager. Ne vous y méprenez pas, elle n’est pas une libération, elle est une illusion, et elle n’est pas une prophétie que nous attendons encore, elle est juste une opportunité que nous saisissons pour nous servir et aider notre quotidien, tout comme lorsque le cheval est apparu dans les Plaines et a changé nos vies, et tout comme les armes à feu ont été mis entre nos mains, et nous ont aussi permis de nous défendre. Ce que l’homme blanc apporte avec lui, et peut nous servir, nous apprenons à nous en servir, et l’adoptons dans nos vies. Nous devons maîtriser ces outils pour nous défendre et revendiquer nos droits, pour lesquels nous nous battons encore. Les jeunes l’ont compris depuis longtemps… Mais ils n’oublient pas qui ils sont, ni d’où ils viennent. Car ils reviennent toujours chez eux, dans leur peuple, leur famille, au cœur de tout ce qui est.
Wopila tanka Merci du plus profond du cœur à toutes celles que ceux qui ont laissé leur esprit entrer dans notre cœur, au sein de notre cercle rouge, là où tout a commencé, et là où l’éternité nous rassemble.
Wopila tanka pour l’esprit du cercle qui danse en vous, pour votre sensibilité, votre générosité, votre soutien, pour votre compréhension du don réciproque, l’interconnexion qui porte le monde. Vous faîtes partie de notre
tiyospahe
notre famille,
Mitakuyepi, ma parenté, vous êtes le Peuple, les Humains, les Grands-Pères y veillent… ».